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Le
décor monumental
Les
fouilles menées ces dernières
années aux abords du sanctuaire
et de la fontaine ont permis
de retrouver le décor architectonique
de la rue est-ouest qui longe
au nord ces deux ensembles
architecturaux. Elles ont
mis au jour d'une part les
bases d'un portique
monumental mis en place au
cours du IIe s., et d'autre
part des chapiteaux et des
fûts de colonnes trouvés en
comblement des structures
tardives.
Des
thermes, mis au jour en 1847,
ont subsisté trois blocs architectoniques,
deux montants d'un pilastre
d'angle et le registre supérieur
d'un chapiteau, qui devaient
orner l'entrée du frigidarium
(salle froide).
Plusieurs
indices permettent de poser
l'hypothèse de l'existence,
sur place, d'une même équipe
de sculpteurs ayant travaillé
au programme décoratif des
thermes et du théâtre. En
effet, l'origine locale du
calcaire dans lequel ont été
taillés ces blocs montre la
présence, sur le terrain,
d'une équipe de lapidarii,
travaillant à partir de cartons
importés, mais dont l'empreinte
provinciale forte s'exprime
dans le style des éléments
végétaux.
La
gestion de l'eau
Après
la conquête, le développement
de la ville gallo-romaine
et la multiplication des activités
ont créé de nouveaux besoins
en eau. La solution de ce
problème était délicate car
la situation topographique
de l'agglomération excluait
toutes les sources de bas
de pente qui jaillissent aux
pieds des collines sur les
berges de la Creuse.
La
découverte d'une fontaine
monumentale a apporté la preuve
qu'une solution technique
avait été mise en oeuvre dans
le courant du dernier quart
du Ier s. apr. J.C.
Cette
fontaine se compose d'un bassin
à peu près carré, d'une contenance
maximale de 24m³. Aux angles
du bassin, quatre piliers-dièdres
renforcent la stabilité des
structures et se rejoignent
aux orthostates des parois
par l'intermédiaire de joints
à cordon prisonnier remplis
de mortier de tuileau.
Au
nord et au sud, deux grandes
volées d'escaliers symétriques,
composées de 14 marches assuraient
la liaison entre le trottoir
périphérique et le niveau
de circulation extérieur au
monument.
La
fontaine était approvisionnée
en eau par l'intermédiaire
d'un aqueduc constitué de
tuyaux de bois creux, aboutés
deux à deux par l'intermédiaire
de frettes métalliques. Cette
conduite de bois était sous
pression et, de ce fait, n'était
plus asservie aux règles contraignantes
de l'écoulement gravitaire.
Les contre pentes étaient
résolues par des siphons de
faible hauteur et, pour que
l'eau s'écoule, il fallait
seulement que l'altitude du
début du tuyau soit légèrement
plus haute que celle de son
arrivée.
Le
drainage et l'évacuation des
eaux du Plateau des Mersans
n'a dû jamais poser aucun
souci aux concepteurs antiques.
Il suffisait d'établir des
égouts collecteurs perpendiculairement
à l'arête dorsale nord-sud
et de les espacer de la distance
correspondant à la largeur
d'une insula et d'une rue
décumane
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Argentomagus, du site
gaulois à la ville gallo-romaine,
G. Coulon et Coll. © Editions
Errance
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