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Le
récit légendaire du double
martyr de saint-Marcel et
de saint Anastase est la première
manifestation de l'évangélisation
d'Argentomagus. La venue de
ces deux apôtres de la foi
chrétienne est traditionnellement
placée au milieu du IIIe s.,
sous le règne de l'empereur
Dèce (248-251).
D'après
la légende, Marcel n'avait
que 15 ans tandis qu'Anastase
était parvenu à l'âge mûr.
Venant de Rome et se dirigeant
vers Toulouse, les deux missionnaires
s'arrêtèrent dans une maison
du faubourg d'Argentomagus.
Là, Marcel accomplit un premier
prodige en rendant la santé
à un misérable enfant sourd,
aveugle, muet et boiteux de
surcroît... Puis, renouvelant
le miracle des Noces de Cana,
il transforma l'eau en vin
au grand émerveillement du
voisinage assemblé.
Instruit
de l'effervescence qui agita
le quartier après ces deux
miracles, Héracle, le préteur
de la ville, fit bientôt comparaître
le thaumaturge et son compagnon
et les somma d'abjurer leur
foi.
Irrité
par leur refus de sacrifier
Apollon, Hercule et Diane,
les divinités vénérées dans
le temple, Héracle livra Marcel
au supplice du chevalet puis
du gril sur des braises ardentes.
L'adolescent supporta toutes
ces épreuves avant de demander
à être conduit à l'entrée
du sanctuaire. Là, devant
une foule considérable, Marcel
ordonna à Apollon de sortir
du temple. La divinité s'exécuta
et, poussant un long rugissement,
s'évanouit dans un nuage de
soufre. Alors le saint pénétra
dans le temple. Aussitôt les
statues des idoles tombent
de leur piédestal et viennent
se briser à ses pieds.
Après
avoir été une nouvelle fois
livré au supplice, Marcel
fut jeté dans un cachot, le
saint fut peu après décapité
non sans avoir prophétisé.
La tradition prétend en effet
que Marcel fut martyrisé et
inhumé à l'emplacement de
l'église actuelle. Quant à
son compagnon, il fut mis
à mort sur le chevalet au
lieu-dit le clos Saint-Anastase,
aujourd'hui le Champ de l'Image.
Quoiqu'il
en soit, l'archéologie, ne
nous est d'aucun secours puisque
jamais ici, le moindre symbole
chrétien n'a été observé sur
des objets gallo-romains.
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Argentomagus, du site
gaulois à la ville gallo-romaine,
G. Coulon et Coll. © Editions
Errance
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