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Extension
et rétraction du tissu urbain
La
présence d'un sanctuaire
important, celle d'une fontaine
monumentale et l'existence
de quartiers d'habitation
au centre du plateau des Mersans
montrent que la ville se développa
à l'emplacement même du noyau
ancien.
L'agglomération
antique s'étendrait depuis
le pont sur la Creuse jusqu'à
l'extrémité du plateau des
Courattes. Elle présenterait
un plan tout en longueur -de
4 à 500 m de large sur 1 400
m de long- et couvrirait une
superficie de quelque 70 ha.
Il s'agit là de l'extension
maximale de la ville.
La
ville fut abandonnée à la
fin de l'Antiquité. Il s'agit
là d'un mouvement qui apparaît
partout ailleurs dès le milieu
du IIIe s. Sous l'effet des
difficultés économiques, de
l'insécurité et des bouleversements
qui affectent la société gallo-romaine,
les tissus urbains connurent
de lents mouvements de rétraction.
Trame
viaire et organisation urbaine
Autour
d'un quadrillage de rues qui
délimitent des îlots de mêmes
dimensions. C'est le plan
même des villes neuves de
l'Antiquité qui a été adopté
à Argentomagus comme dans
les autres villes gallo-romaines.
Dès les premières années de
notre ère, un réseau de rues
nord-sud et de rues est-ouest
est implanté sur le plateau
des Mersans.
Au
début du IIe s., le centre
urbain fait l'objet d'un remaniement
profond; le réseau des rues
est rectifié et désormais
orienté à 16° à l'est. Il
est probable que les habitations
particulières n'ont pas été
frappées d'un réalignement
immédiat et que ce sont surtout
les secteurs publics, la rue,
ses bordures et les monuments
construits à ce moment-là
qui ont respecté les nouvelles
règles.
Les
rythmes du développement
Les
premiers signes d'urbanisation
se matérialisent par la création
d'axes de circulation orientés
approximativement nord-sud
et est-ouest et par un découpage
en parcelles qui suivent les
mêmes orientations.
Des
travaux importants ont lieu
dans la deuxième moitié du
Ier s. Lors de ces travaux,
les traits romains se précisent
: la maçonnerie remplace progressivement
la terre crue; l'équipement
urbain s'améliore avec l'agrandissement
des chaussées et l'installation
de trottoirs. Le plus significatif
est l'apparition d'une maison
de notable.
On
peut donc affirmer, que dans
la seconde moitié du Ier s.,
l'agglomération d'Argentomagus
voit se construire des maisons
dont les propriétaires appartiennent
à une catégorie sociale fortunée.
A
cette même période, des temples
s'élèvent dans le centre urbain,
le théâtre vient d'ouvrir
ses portes et sont mis en
place les premiers éléments
de la parure urbaine, telle
la fontaine publique.
La
ville à la romaine ou la réussite
d'Argentomagus
Un
certain nombre de traits indiquent
que ces travaux s'inscrivent
dans une tradition édilitaire
propre aux villes secondaires
gallo-romaines. D'abord, la
chaussée des rues présente
le même revêtement de pavés
calcaires et de galets qu'à
la période précédente. Quant
à la distribution de l'eau,
elle se fait encore par un
réseau de canalisations en
bois.
Pendant
cette même période et en particulier
tout au long du IIe s., la
ville poursuit son effort
d'équipement monumental :
elle construit un amphithéâtre,
reconstruit son théâtre, édifie,
dans le quartier bas de Saint-Etienne,
des thermes qui viennent s'ajouter
à ceux qui se trouvent déjà
dans le centre urbain.
Les
maisons particulières bénéficient
de ce même dynamisme de la
construction. Les demeures
de notables connaissent un
développement important. Même
les habitations plus modestes
participent a cet embellissement
du cadre de vie. La ville
a atteint dans le courant
du IIe s., son développement
maximal.
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Argentomagus, du site
gaulois à la ville gallo-romaine,
G. Coulon et Coll. © Editions
Errance
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