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    Une série de textes antiques nous apprennent que la métallurgie du fer était particulièrement développée dans la cité des Bituriges Cubes.

    Les objets en fer comme les outils ou les armes sont fabriqués en ville, dans des ateliers dont la fouille a fait réapparaître quelques exemples précoces à Argentomagus. Mais c'est à l'extérieur de l'agglomération, dans l'espace rural qui l'environne, qu'ont lieu les diverses opérations d'extraction et de transformation du minerai en métal. Ces ateliers sont installés à proximité des mines, mais aussi et surtout des zones forestières où ils peuvent s'approvisionner facilement en charbon de bois, qui fournit l'essentiel du combustible.

    Une intense activité autour d'Argentomagus

    Des recherches menées depuis une dizaine d'années et utilisant les différentes ressources de la prospection ont permis de découvrir 242 ateliers dispersés dans un rayon de quelque 20 km autour de la ville antique. La région la plus riche est celle du plateau de Chasseneuil, à 7 km d'Argentomagus où sur une zone de 100 km², 108 ateliers ont été repérés.

    La recherche sur les lieux d'extraction est particulièrement difficile, car les exploitations modernes ont fait disparaître presque toute trace des travaux antiques.

    Oulches, un atelier de l'Antiquité tardive

    Situé à une vingtaine de kilomètres d'Argentomagus et daté du IVe s., cet atelier métallurgique, fouillé entre 1991 et 1993, renfermait les différentes installations nécessaires à la fabrication du métal. Une première zone, au sud, était affectée à la préparation du minerai de fer qui était éclaté au feu puis broyé.

    Four à réductionUne partie de ce minerai était probablement extraite à proximité immédiate de l'atelier, mais des analyses chimiques ont montré qu'une proportion non négligeable provenait d'un gisement distant de plus de 20 km, celui de Chaillac. Ce minerai "importé" sur l'atelier d'Oulches possédait probablement des qualités particulières que les spécialistes cherchent actuellement à cerner.

    La fouille de l'atelier montre que le travail de ces artisans ne se limitait pas à la fabrication du métal. En effet, outre les deux fourneaux de réduction, l'atelier comportait un foyer de forge où le métal était réchauffé avant d'être battu sur une enclume, qui n'a pas été retrouvée. Ce "cinglage" du métal brut permettait de le compacter et éventuellement de le transformer en lingots commercialisables. Il semblerait qu'à Oulches, compte tenu des quantités de déchets de forge recueillis (les battitures), le travail ait été plus poussé, peut-être jusqu'à la fabrication d'objets semi-finis.

     

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    Argentomagus, du site gaulois à la ville gallo-romaine, G. Coulon et Coll. © Editions Errance








    © Musée d'Argentomagus 2002 - Tous droits réservés
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