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Des
bifaces de type acheuléen
(vers 300 000 à 200 000 av.
J-C.) furent recueillis dans
les gravières de la Ballastière
de La Fosse au Pêchereau et
dans celles du Palis à Argenton,
lors de la construction de
la voie ferrée Paris-Toulouse
au milieu du XIXe s. : ils
constituent les témoignages
les plus anciens, à ce jour,
de la présence de l'homme
autour d'Argenton-sur-Creuse.
Au Pêchereau, une petite grotte
fut également révélée par
les travaux du chemin de fer
de La Châtre à Châteauroux
(1898-1899). Des racloirs
et des pointes en silex d'époque
moustérienne (80 000 à 35
000 av. J-C.) y furent trouvés
autour des restes d'un foyer.
Plus récemment, il y a quelque
19 000 ans, les populations
solutréennes sillonnèrent
la vallée. Des gisements préhistoriques
fouillés en amont à Fressignes
(Eguzon) et en aval à l'Abri
Fritsch de Pouligny-Saint-Pierre
attestent leur présence dans
des campements en plein air
ou des grottes et abris.
C'est
à la fin du Paléolithique
supérieur, il y a 14 000 ans,
que sont occupées sporadiquement
les grottes de la Garenne
à Saint-Marcel. Les Magdaléniens
sont alors confrontés aux
ultimes phases très froides
de la dernière glaciation,
celle de Würm. La végétation
n'est qu'une maigre steppe
d'où émergent quelques rares
bouquets de pins sylvestres
et de bouleaux. Ce paysage
désolé, balayé par les vents,
est parcouru par les troupeaux
de rennes, de bisons et de
chevaux sauvages.
Des
grottes, creusées dans les
calcaires bajociens du coteau
de La Garenne, ont, par leur
exposition au midi, attiré
et retenu les chasseurs. D'autant
que ces cavités dominent un
étranglement rocheux qui fait
communiquer deux plaines alluviales
abritées des vents du nord.
Ce
goulet, large seulement d'une
centaine de mètres et franchi
en oblique par la Creuse,
était le passage obligé des
animaux pour se rendre d'un
pâturage à l'autre ou lors
de leurs migrations.C'était
là un excellent affût de chasse
et dans ce piège naturel,
rennes, bisons et chevaux
devenaient des proies faciles.
Le
mobilier se compose de navettes
(pièce en bois de renne, longue
d'une vingtaine de centimètres,
fendue aux deux extrémités
et ainsi appelée en raison
de sa ressemblance avec certaines
navettes de tisserand). Avec
cet instrument on pouvait
travailler le bois, la corne
et le bois de renne. Par l'abondance
de ses navettes -71 sur les
114 connues en Europe-, La
Garenne est le site de référence.
D'une
grande abondance, l'industrie
osseuse consiste également
en sagaies -pointes de "javelot"-
dont l'une, rarissime, est
creusée d'une rainure conservant
encore des esquilles de silex
jouant le rôle de barbelures.
Auprès
d'un de ces foyers, l'analyse
de la répartition spatiale
des objets a permis de localiser
un espace d'occupation permanente
et des endroits où l'on stockait
le matériel. Certaines pratiques,
rarement signalées dans les
habitats de grotte, ont été
mises en évidence. Les chasseurs
avaient, comme dans un râtelier
d'armes, aligné des sagaies
dans des fentes de la voûte
et, dans quelques anfractuosités,
posé des outils en silex.
L'éclairage
était assuré par des lampes
à graisse. Les fouilles de
La Garenne en ont livré 27
sur la centaine recensée en
France. Ces lampes sont des
pierres calcaires -ou exceptionnellement,
en lave de Volvic- creusées
d'une cavité naturelle. Du
charbon de bois ou des épiphyses
osseuses faisaient office
de mèche tandis que la graisse
animale servait de combustible.
Sur
les parois, la grotte Blanchard
porte aujourd'hui encore les
traces d'une sorte de badigeon
d'ocre rouge, de traits et
de points peints en noir et
en rouge. On y observe également
des marques gravées : hachures
parallèles, faisceaux et cercles
plus ou moins concentriques.
Le seul élément figuratif
est une petite tête de cheval
gravée, assez rudimentaire,
longue d'une douzaine de centimètres,
partiellement recouverte de
stries.
Cet
art mobilier se singularise
par la rareté des représentations
animales; certes, un bois
de renne où sont gravés un
bison, deux biches et un cervidé.
Mais, traitées de manière
réaliste ou schématisée, les
figurations humaines occupent
ici une place privilégiée.
L'exceptionnelle pendeloque
"aux danseuses", avec ses
six silhouettes se tenant
par la main, en est une remarquable
illustration.
La
tête humaine, si rare dans
le Magdalénien classique,
est représentée sur l'extraordinaire
petit bâton percé en bois
de renne, portant un visage
vu de face. Il s'agit d'une
des pièces les plus extraordinaires
livrées par le gisement des
grottes de La Garenne.
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Argentomagus, du site gaulois
à la ville gallo-romaine,
G. Coulon et Coll. © Editions
Errance
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