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Les
accroupis
Jusque-là,
Argentomagus ne diffère guère
des autres sites gallo-romains
quant aux divinités qui y
sont honorées. Mais les fouilles
de l'aire cultuelle et quelques
découvertes fortuites ont
livré un ensemble de statues
tout à fait singulier : les
"accroupis".
Au
nombre de sept -ce qui est
considérable pour un même
sanctuaire en Gaule romaine-
ils sont souvent de grande
taille et occupent parfois
une position privilégiée dans
les temples.
Représentés
jambes pliées dans la position
couramment appelée "assis
en tailleur", ces personnages
affectent une attitude hiératique.
Les
deux exemplaires les mieux
conservés qui nous soient
parvenus proviennent l'un
et l'autre de l'aire cultuelle.
Le plus grand porte une tunique
courte et un manteau. Réalisée
avec une grande maîtrise,
cette sculpture très fragmentée
porte sur le socle l'inscription
: "...AVG-E...".
La
seconde, plus petite et remarquablement
conservée, est vêtue d'une
tunique courte moulante fendue
sur le côté. Dans son dos
subsistent les traces d'arrachement
d'un panache de casque protège-nuque.
Ce
personnage porte un torque
au cou et un bracelet à chaque
biceps. Par son attitude et
son vêtement, il s'apparente
étroitement à la série des
guerriers accroupis du midi
de la Gaule.
Ces
"accroupis" représentaient-ils
des divinités ? Aucun ne possède
d'attribut spécifique. Ils
portent, en revanche, des
bijoux fréquents chez les
Celtes : bracelets et torques.
Les
déesses-mères
Divinités
de la prospérité, les déesses-mères
retrouvées à Argentomagus
se rattachent à deux types.
Les unes, en pierre, portent
une corne d'abondance remplie
des fruits de la terre et,
parfois, un pain rond. Assises
dans un fauteuil, elles sont
vêtues d'une tunique serrée
à la taille et d'un manteau.
Les
autres, en terre cuite, de
plus petite taille, sont extrêmement
fréquentes sur le site. Protectrices
des enfants, déesses nourricières,
on les voit assises dans un
fauteuil d'osier tressé, donnant
le sein à deux bébés. L'abondance
de ces figurines en argile
témoigne d'un culte domestique
largement répandu et jouissant
d'une grande popularité.
Plus
originale est une statuette
de déesse-mère protectrice
en terre blanche, découverte
dans la cour des temples.
Debout et nue à la manière
de Vénus, elle se tient au
milieu de cinq enfants d'âges
différents qu'elle entoure
avec son manteau d'un geste
protecteur.
Sucellus
Le
site a également livré un
petit bronze de Sucellus,
le dieu au maillet, dont le
nom selon les linguistes,
signifierait littéralement
"celui qui frappe bien", "le
bon frappeur".
Représenté
sous les traits d'un homme
d'âge mûr, chevelu et barbu,
vêtu à la mode gauloise d'une
tunique, de braies et d'un
grand manteau tombant, il
tient un vase de sa main droite.
Le maillet à long manche qu'il
tenait dans la main gauche
a disparu. Divinité en relation
avec la terre et ses bienfaits,
probablement aussi avec la
mort, cette statuette est
la seule figuration de cette
divinité gauloise chez les
Bituriges. La petite taille
de cette représentation du
dieu au maillet corrobore
ici l'idée d'une vénération
personnelle plutôt que d'une
dévotion collective organisée.
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Argentomagus, du site
gaulois à la ville gallo-romaine,
G. Coulon et Coll. © Editions
Errance
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