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  • Le jardin romain
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    L’ensemble de plantes romaines que nous présentons comprend environ 150 espèces réparties en 4 thèmes :

    les aromatiques et condimentaires
    les décoratives
    les médicinales
    les textiles, tinctoriales et celles utilisées en vannerie

    Le jardin romainCet ensemble n’a pas la prétention d’être exhaustif ni d’offrir la reconstitution d’un jardin romain, même si parfois il en suggère certains éléments architecturaux. Il présente un choix d’espèces caractéristiques, tantôt très connues, tantôt moins dont la culture antique est bien attestée.

    En fonction des saisons, certaines espèces peuvent ne pas être visibles, cela est inévitable.
    La documentation repose essentiellement sur des sources littéraires : celles-ci sont très nombreuses, mais restent parfois énigmatiques. On ne peut exiger d’elles en effet qu’elles nous fournissent sans ambiguïté des noms d’espèce précis. On connaît souvent dix ou vingt noms latins pour une plante ; inversement le terme latin peut désigner des espèces tout à fait différentes, mais ayant une vague analogie.

    Quand cela s’est avéré possible, nous présentons des plantes cultivées par les Gaulois, mais les informations sont beaucoup plus rares dans ce cas.
    L’archéologie également nous renseigne en mettant parfois au jour des pépins, des noyaux ou des sarments de vigne. Enfin l’iconographie avec les fresques par exemple complète nos sources.

    Loin de nous l’idée de prendre à notre compte les vertus accordées dans l’antiquité aux plantes, et nous déclinons toute responsabilité concernant tout usage, notamment médicinal, de celles-ci.

    I. Les Aromatiques

    CoriandreOn aime bien découvrir aujourd’hui la saveur de certains aromates exotiques. Déjà les Romains importaient de nombreux aromates et cultivaient beaucoup de condimentaires.
    Ils connaissaient entre autres la plupart des nôtres. Le piment, d’origine américaine, et l’estragon, d’origine européenne, mais nordique font figure d’exceptions.

    En contact indirect avec l’Asie, l’Inde notamment, les Romains appréciaient les poivres, le rond et le long, la cannelle, le gingembre et bien d’autres…Ils importaient aussi une gomme, le laser, extraite de la racine d’espèces de férule.
    Parmi les herbes condimentaires, notons la rue, plante aujourd’hui reconnue comme toxique et pouvant provoquer divers troubles, comme vertige, hémorragie ou avortement : son usage est interdit actuellement.
    Des dizaines d’espèces ont pu être utilisées également dans la fabrication du vin : l’absinthe, le poivre, la rose, la violette, l’iris…

    Apicius, gastronome du Ier siècle après J.C.est notre source privilégiée. Notons cependant une particularité : le texte de son œuvre a évolué au fil des siècles et l’on n’en connaît que l’état vers 400 après J.C.
    On peut mentionner également Vinidarius, qui écrit une sorte d’adaptation de son œuvre environ un siècle plus tard.

    II. Les plantes décoratives

    PhysalisQue trouvait - on dans un jardin d’agrément ? Pline le Jeune, le neveu de l’encyclopédiste, décrit le jardin de ses deux villas : bordures de buis ou de romarins, touffes d’acanthe, des roses, et des violettes, des platanes d’où redescend du lierre, c’est à peu près tout : un nombre limité d’espèces, et peu de fleurs. La vigne aussi constitue un décor, celui des pergolas, joignant ainsi l’utile à l’agréable.

    Pour ce qui est des fleurs proprement dites, on les imagine cultivées à l’écart - un peu comme à notre époque les fleurs à bouquet - avant d’être utilisées en couronnes : en effet les fêtes et les cultes s’accompagnent très souvent de fleurs tressées.
    Les fleurs connues le sont grâce à Pline l’Ancien d’abord, mais aussi par les œuvres de Virgile ou d’Horace.

    III. Les médicinales

    Poireau vivaceUne infinité de plantes sont utilisées dans l’antiquité comme remède. Pline l’Ancien, auteur, au premier siècle, d’une véritable encyclopédie, nous renseigne sur les vertus médicinales, souvent extrêmement nombreuses, des plantes connues à son époque en les passant en revue. Il utilise des modèles grecs comme Dioscoride ou Théophraste.

    Celse, toujours au premier siècle, procède différemment : son Traité de la Médecine fournit, entre autres, des listes de remèdes tirés des plantes ( sauf quelques substances minérales, animales ou, ce qui est curieux, les déchets organiques laissés par la peau des gladiateurs après leur passage aux thermes.) Ces remèdes sont classés en 16 grandes rubriques : les caustiques, les détersifs, les résolutifs, et autres apéritifs.

    Beaucoup plus tard, vers 400 après J.C.,le bordelais Marcellus, écrit Des Médicaments. C’est le seul écrivain gallo-romain qui traite longuement des plantes, Ausone par exemple n’en parlant guère. Mais hélas, son œuvre est peu accessible à l’heure actuelle.

    IV Tissus et vannerie

    LinIl s’agit d’un usage fort ancien qui remonte au moins au Néolithique : les plantes fournissent la plupart des matières tinctoriales. Pastel, réséda, garance, pour ne citer que les plus connues, évoquent tellement cette utilisation qu’on en oublie les végétaux qui les fournissaient

    Les fibres textiles proviennent du lin et du chanvre principalement. D’autres plantes servaient dans la fabrication des tissus comme la saponaire ou la cardère.
    Enfin la vannerie loin de se limiter à l’osier, dont il existe plusieurs espèces, utilise toute une gamme de végétaux, souvent des arbustes ou même des arbres.
    On pourrait qualifier toutes ces plantes d’espèces industrielles.
    Notre source principale a été le déjà nommé Pline l’Ancien.

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