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Hélios-Sérapis
En
1970, une tête en calcaire
d'Hélios-Sérapis fut mise
au jour dans l'aire cultuelle.
Barbu, moustachu, la chevelure
abondante, le dieu porte au
sommet de la tête un petit
cylindre plat, base de son
attribut caractéristique,
le calathos, corbeille sacrée,
symbole d'abondance et de
fertilité.
Dans
sa chevelure, formant un diadème
autour du visage ont été forés
neuf trous destinés à recevoir
des rayons métalliques. Le
calathos et les rayons solaires
permettent d'identifier formellement
Hélios-Sérapis.
Dieu
égyptien dont le culte fut
institué par Ptolémée Ier
(305-283 av. J.C.), roi grec
d'Egypte, Sérapis connut une
faveur certaine en Occident
sous l'empire romain. La Gaule
en a fourni une quarantaine
de figurations.
En
revanche, nettement plus rares,
sont les Sérapis assimilés
à Hélios, divinité hellénique,
personnification du Soleil.
De
belle facture, la tête d'Hélios-Sérapis
d'Argentomagus, réalisée au
IIIe s. de notre ère dans
un calcaire local, s'inspire
des cartons hellénistiques
et offre bien des caractères
des créations alexandrines.
Cybèle
La
déesse Cybèle, originaire
de Phrygie en Asie mineure
-actuelle Turquie- était initialement
vénérée à Pessinonte et sur
le mont Ida comme divinité
de la Terre et maîtresse des
fauves. Connue sous les qualificatifs
de "Grande Mère des dieux",
"Mère des dieux" ou "Grande
déesse de Phrygie", elle incarnait
les forces naturelles. Son
culte se répandit en Gaule
-entre la fin du Ier s. et
le milieu du IIIe- principalement
dans la vallée du Rhône, la
Provence, et la région de
Narbonne avec deux hauts lieux,
Vienne et Lyon.
Cette
divinité orientale fut honorée
à Argentomagus. On a en effet
recueilli dans l'aire cultuelle
un fragment de bandeau provenant
probablement d'un autel ou
d'un piédestal, portant l'inscription
"(M) ATR (I) DEVM". Cette
dédicace à la "Mère des dieux"
fut faite par un prêtre de
l'Autel de Lyon.
Attis
La
présence d'un autre dieu phrygien,
Attis, compagnon de Cybèle,
vient d'être attestée. Berger,
rendu fou par la "Mère des
dieux", celui-ci s'émascula
et en mourut. Accueilli par
la déesse après sa mutilation,
il parcourait avec elle sur
son char les montagnes de
la Phrygie. Cette conjonction
de divinités orientales dans
le sanctuaire d'Argentomagus,
au IIIe s., apparaît comme
tout à fait exceptionnelle
en Gaule centrale dans une
agglomération secondaire.
Elle laisse à penser qu'à
cette époque des artisans
ou des commerçants orientaux
ont introduit ces cultes.
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Argentomagus, du site
gaulois à la ville gallo-romaine,
G. Coulon et Coll. © Editions
Errance
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