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En
août 1986, les fouilles préalables
à la construction du nouveau
musée amenèrent la découverte
d'une habitation aménagée
sur au moins trois niveaux
et comportant deux sous-sols.
A
l'angle sud-ouest de la plus
petite de ces deux caves,
furent retrouvés les vestiges
d'un édicule maçonné renfermant
deux statues et un phallus
disposés debout sur un sol
de fin mortier blanchâtre,
derrière une petite table
circulaire.
A
l'origine, cet édicule revêtu
d'un crépi extérieur blanc,
devait affecter la forme d'un
temple miniature coiffé d'un
toit à double pente couvert
de tuiles. Ses peintures intérieures
montraient un décor à fond
blanc encadré par une "bordure
ajourée" à la manière des
franges d'un tapis, aux couleurs
primitivement vert et rouge
foncé.
La
plus grande des statues, haute
de 0,49 m, montre un personnage
masculin assis sur un coussin,
un serpent sur les genoux.
Il porte un torque au cou
et un second au poignet droit.
La seconde, haute de 0,42
m, représente un homme assis
dans un fauteuil dans une
attitude hiératique, les deux
mains posées sur les genoux.
Celle de gauche tient une
bourse.
Ces
deux petites statues en calcaire
local se dressaient côte à
côte et leur face arrière,
simplement dégrossie, indique
qu'elles ont été façonnées
pour être placées contre une
paroi et n'être vue que de
face.
Réalisées
en taille directe à la manière
d'un haut relief, elles présentent
quelques maladresses dans
les proportions et sortent
manifestement de l'atelier
d'un artiste local.
Ces
deux statues étaient peintes.
L'examen des vestiges de polychromie
montre que le personnage assis
dans un fauteuil, qui porte
tunique et manteau, était
recouvert uniformément d'un
enduit jaune, à l'exception
de la bourse et de ses chaussures
peintes en vert.
Quant
à l'autre personnage, il était
vêtu d'une tunique verte et
portait des braies de la même
couleur mais rehaussées d'un
quadrillage rouge.
Complété
par une pierre allongée évoquant
un phallus, par une figurine
de Vénus en terre blanche
retrouvée écrasée entre la
paroi peinte et la plus grande
des statues ainsi que par
une petite table en calcaire
élégamment moulurée au tour,
cet ensemble est daté de la
seconde moitié du IIe s. ou
du début du IIIe.
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Argentomagus, du site
gaulois à la ville gallo-romaine,
G. Coulon et Coll. © Editions
Errance
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